RETRANSCRIPTION ECRITE DE L’INTERVIEW DE JUSTIN NOZUKA
Interview réalisée par Romain Viallard
0) Hi Justin !
Hello
1) Comment te sens-tu ?
Bien!
2) Pour commencer, peux-tu faire ta propre présentation, nom, âge, pays
d’origine et nom de ton album ?
Oui, je m’appelle Justin Nozuka, j’ai 20 ans, j’habite Toronto, mais je suis
né à NY.
3) Ton premier album ressort pour la deuxième fois en France ?
Oui
4) Imagine que tu es quelqu’un d’autre, tu viens de découvrir ce fantastique
artiste qu’est Justin Nozuka, et tu veux parler de sa musique à un ami.
Comment la décrirais-tu ?
Comment me décrirais-je ?
5) Oui. A ton meilleur ami par exemple?
Ah c’est une question difficile. Je dirais surement que la musique a des
influences R&B, au niveau des mélodies, mais aussi des influences blues.
Beaucoup d’acoustique, surtout pour cet album. Il écrit ses propres
chansons.
6) L’un des points qui fait toute la beauté de « Holly » est qu’il est très
épuré. Tout ou presque repose sur ta voix et ta guitare. C’était un
choix ou c’était par manque de moyens ?
C’est vrai qu’on a fait l’album avec très peu de moyens. Moi-même et Bill
Bell l’avons produit, c’était notre vision. La plupart de l’album a été
enregistré en live, on faisait 4 prises de chaque chanson, acoustique et
vocale. On choisissait la meilleure. Et on la produisait. C’est pour ça que
l’album est spécial, c’était un moment unique à chaque fois. Production
minimale. Il y a certaines chansons qu’on a faites avec un groupe derrière.
7) Et à l’avenir tu envisages de conserver ce type d’orchestration ou
bien tu vas partir vers des productions avec des violons par exemple ?
Oui je travaille avec un groupe maintenant. Ils seront sur l’album, on
travaille sur des maquettes en ce moment même. Il y aura plus de
production, et ça crée une vibe et un univers différent pour les chansons.
Et nous pensons à y intégrer des violons peut être.
8) Holly, c’est le nom de ta maman… Elle te prend une part des
royalties ?
Oh non !!
9) Sérieusement, elle a produit une partie de ce disque, c’est ça ?
Oui en effet.
10) Appeler l’album par son prénom c’était une façon de la remercier
pour ça, et peut-être pour le reste ?
Oui. Pour moi, ça a été une décision très facile à prendre, les dix
premières secondes où je réfléchissais à un nom d’album. Elle a soutenu
cet album, et puis c’est ma mère, c’est elle qui m’a mis au monde, sans
elle, je ne serais pas là. Et c’est mon premier album, donc ça tombait
sous le sens de l’appeler ainsi.
11) Tu es très spirituel !
Oui, sans doute.
12) Tu as 20 ans, tu es jeune, et tu l’étais encore plus lorsque tu as
débuté. Tu n’as jamais été tenté par les télé-crochets très à la mode
en France, les émissions comme la Nouvelle Star, la Star Academy ?
Ce genre d’émissions existe au Canada ?
Oui, mais ça ne m’a jamais tenté, parce que même lorsqu’on gagne dans
ces émissions, on ne peut pas écrire ces propres chansons. On est un
peu prisonniers des contrats qu’ils vous font signer. On est à la merci des
maisons de disques, et moi je souhaitais avoir plus de contrôle, et pouvoir
faire les choses à ma façon, écrire mes chansons, pouvoir faire ce que je
veux avec ma carrière.
13) Et par ailleurs cette carrière si jeune, ça semble être un rêve, mais
est-ce que ça n’implique pas également des sacrifices ? Vis-à-vis de tes
amis par exemple ?
Oui, absolument, cela demande beaucoup de temps. Je travaille
énormément, je voyage beaucoup, donc je ne suis pas souvent chez moi.
Mais c’est ce que j’ai toujours voulu faire, c’est un must, donc si j’étais à
la maison, je serais déprimé de ne pas être en tournée. Donc c’est bien !
14) Et sacrifice en amour aussi? Une question que toutes les filles
auxquelles j’ai dit que j’allais te rencontrer aujourd’hui, et même les
hommes, m’ont dit de te poser : es-tu célibataire Justin Nozuka?
Oui, ça semble intéresser les gens. Mais oui, j’ai une petite amie chez moi
à Toronto, d’ailleurs elle est française, donc je pratique mon français.
15) Et comment gères-tu cet amour de tes fans féminines ? Tu as déjà
eu des manifestations hystériques ? Comme des filles jetant leurs sousvêtements
sur ton passage ?
Oui, j’ai déjà vu des filles faire des choses assez folles !
16) Revenons-en à la musique. Le clip de « After tonight », ton single,
est plein de références adolescentes, les jeunes autour du feu de bois
par exemple. Il n’empêche que tout le monde relève l’étonnante
maturité de tes compositions, de ta voix, à tel point que tu dois en
avoir marre qu’on te le fasse remarquer ! As-tu une idée d’où te vient
cette maturité ? De ton éducation musicale ? De tes origines
métissées ?
Je pense que tout ce qui m’arrive aujourd’hui vient de mon environnement
familial. Ça m’a aidé, j’ai une grande famille, donc j’apprends beaucoup
d’eux, notamment au sujet des rapports humains. Ma famille est géniale,
ils me soutiennent vraiment. Et cela fait longtemps que j’écris de la
musique, il y avait une période où je ne chantais que des chansons
d’amour à propos des filles, j’écoutais de la pop. Puis Jack Johnson est
devenu connu au Canada et aux US, et en France aussi d’ailleurs non ?
Puis Ben Harper qui a été une influence pour moi pendant longtemps, et
j’ai commencé à aimer la musique de Johny Mitchell. J’ai commencé à
être attiré par des artistes un peu plus authentiques qui écrivaient eux
mêmes leurs chanson et y mettaient leur âme, contrairement aux artistes
qui ne sont qu’un visage. Donc j’ai su dès mon plus jeune âge que je
voulais écrire mes chansons. Je voulais que ma musique soit créative et
artistique, car ce sont les choses qui sont importantes pour moi. Donc
j’essaye vraiment de faire de la bonne musique !
17) Tu viens d’une famille d’artistes. Ton frère fait du RnB, ta tante est
actrice, et son mari, ton oncle, est l’acteur Kevin Bacon. Que pense-t-il
de ta musique ? Il est fan ?
En fait on n’est pas trop en contact, je ne sais pas trop ce qu’il fait. Mais
j’ai une grande famille des deux côtés, donc c’est dur de rester en contact
avec tout le monde. Et du côté de ma mère, tout le monde est artiste, le
frère de ma mère est le musicien Mike Stern, un joueur de guitare jazz
incroyable, et je lui parle souvent. C’est bien d’avoir autant d’artistes dans
sa famille car on a un vrai soutien. Et j’apprends tellement d’eux.
18) Et collaborer avec tes frères, penses-tu que vous pouvez être les
prochains Jonas Brothers ?!
Non, jamais les Jonas Brothers! Ca n’est pas du tout ce qu’on a envie de
faire avec la musique ou avec l’art. Tous dans ma famille veulent faire de
la qualité et se surpasser. Et on se bat tous pour une révolution dans le
monde artistique mainstream.
19) D’ailleurs tu endosses un peu une attitude d’acteur lorsque tu
composes. Tu as raconté que tu aimes te mettre dans la position d’un
autre pour l’écriture de tes textes, comme dans « Save him », où tu es
le voisin d’un couple dans lequel la femme est battue. C’est un jeu
schizophrène, mais est-ce vraiment un jeu ?
Oui, pour moi c’est excitant de pouvoir faire ça. C’est créatif, et ça
m’intéresse de pouvoir changer de perspective, me mettre à la place de
quelqu’un d’autre. Dans «Down in a cold dirty well », je m’imagine au fond
d’un puits sale et dégoutant, avec de l’eau jusqu’aux genoux, et je me dis
que je vais mourir au fond de ce puits. Donc j’essaye de ressentir ce que
je ressentirais vraiment si je n’allais jamais sortir de ce puits et y mourir,
ou si je n’allais plus jamais revoir le soleil ou la lune par exemple. Et c’était
assez trippant comme expérience car j’y étais vraiment, je l’ai vraiment
ressenti, et c’était assez incroyable.
20) Tu es déjà venu en France il y a quelques mois, notamment pour
l’émission de télé Taratata. C’était un super show. Qu’est ce qui te plaît
dans notre pays ?
Il y a tellement de choses que j’aime en France. Taratata est une émission
qui tourne vraiment autour de la musique et des artistes, ça met vraiment
en scène ce côté artistique et les performances des artistes. Ça donne
aux artistes l’occasion de montrer leur musique. Et en faisant des live en
France, j’ai ressenti beaucoup de respect, et j’ai l’impression que les gens
me comprennent, et comprennent ce que j’essaye de faire. Dans certains
endroits, lorsque je chante, les gens continuent à parler pendant ma
prestation, et ça je ne comprends pas ! Mais en France, on m’écoute
vraiment lors de mes shows et je ressens vraiment de la chaleur.
21) J’ai un ami, qui s’appelle Justin, et qui n’est pas beau du tout. Tu
sais qu’à cause des Justin comme toi, ou Justin Timberlake, c’est très
dur de s’appeler Justin quand on n’est pas beau ? C’est peut-être
l’occasion de t’excuser auprès de tous les Justin moches de la planète !
Oh non !! C’est assez marrant de voir la perception de la beauté qu’ont les
gens. Je pense que chaque personne est belle, et a de belles qualités. Ce
qui compte ça n’est pas ce qui se voit à l’extérieur, mais ce que vous
faites de votre vie.
22) En France on t’avait vu reprendre « Ain’t no sunshine » de Bill
Withers lors de Taratata. Tu aime faire des covers ? Tu en feras sur
scène lors de tes concerts français en avril ?
Oui, enfin le mois d’avril est loin donc je ne suis sûr de rien, mais je pense
qu’on fera un cover de « Grandma’s hands » de Bill Withers aussi. C’est
une chanson à propos de sa grand-mère que j’aime beaucoup. C’est une
de mes chansons préférées, on l’a déjà faite plusieurs fois sur scène. Ou
on en fera un autre, je ne sais pas trop.
23) Tu pourrais chanter du Ben Harper sur scène ?
Oui, j’aime beaucoup Ben Harper donc pourquoi pas.
24) Merci pour cette interview Justin.
Merci à toi.