Dans son nom d'artiste, déjà, d'une "alarmante douceur", tout un monde. Bless, comme blessée ou blessure. Bless, comme "bénie" en anglais, pour faire écho à son véritable prénom, Bénédicte. "Il signifie "bénie de Dieu". Le genre de noms qu'on donnait autrefois aux orphelins", dit-elle, à la fois frêle et implacable. On aura compris que Bless, 32 ans, n'aime pas tellement les familles. Par l'originalité de son premier album et la singularité de son parcours, elle se tient d'ailleurs à l'écart de toute tentative d'affiliation ou d'amalgame à une quelconque scène, tendance ou génération. Peu ou pas de références musicales, même si, à telle ou telle heure de sa vie, elle se sera passée obsessionnellement en boucle le Velvet Underground avec Nico, Janis Joplin, Jeff Buckley, Rickie Lee Jones, Violent Femmes ou Elliott Smith. Sa musique n'en porte pas vraiment de traces, si ce n'est le goût du travail âpre et obstiné, et d'un certain vertige dans la création.