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Parution Non renseignéISBN 9999999450Format PDFAutres formats EPUBProtection Adobe DRMExtension .ascmLangue Copyright Sous droits Windows, Mac OS XBesoin d'info sur les livres ?
Description
Extrait
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Durant toute sa vie, Verlaine fut amèrement déchiré entre l'appel rageur d'une vie voluptueuse et le besoin d'un bonheur tranquille. Il a l'image double du poète lyrique qui chante la mélancolie d'un « coeur innocent et subtil » et d'un homme aux airs affolés de « mauvais garçon ». Dans les Poèmes érotiques, il se présente à visage découvert, se met à nu. Amoureux du jeune Rimbaud, il en est devenu « l'époux infernal », la « vierge folle ». Ici, le poète maudit, alcoolique et dépravé, ne se contente plus de suggérer modestement ; armé d'une révolte toute rimbaldienne, il fait triompher l'arrogance et l'impétuosité d'un amour pluriel. Libéré de la pudeur, il peut chanter ouvertement les caresses comme les morsures de l'amour.
OUVERTURE
Je
veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains,
du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés
mûres ou non, novices ou professes,
Ô ne
vivre plus qu'en vos fentes et vos raies !
Vos
pieds sont merveilleux, qui ne vont qu'à l'amant,
Ne
reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au
lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux
de l'amant qui, las et soufflant, se tapit.
Pressés,
fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux
orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux
chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds
plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres !
J'aime
fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux
de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant
notre langue et parfois même mieux,
Truc
presque aussi gentil que de mettre dedans ;
Et
vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre
quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour
s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure :
Tel
un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.
Vos
bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres
et durs, dodus, nerveux quand faut, et beaux
Et
blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds
dans l'amour, après frais comme des tombeaux.
Et
les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
La
caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses
du gland transi qui se dérobe,
Branleuses
aux sollicitudes infinies !
Mais
quoi ? Tout ce n'est rien, Putains, aux prix de vos
Culs
et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le
toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles
et Saints des Saints de l'impudeur.
C'est
pourquoi, mes soeurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je
veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés
mûres ou non, novices ou professes,
Et ne
vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.
Femmes.