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Parution Non renseignéISBN 9999999273Format PDFAutres formats EPUB, EPUB, PDFProtection Adobe DRMExtension .ascmLangue Copyright Sous droits Windows, Mac OS XBesoin d'info sur les livres ?
Description
Extrait
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Qui l'eut cru ? Les plus imprenables instances policières, jusqu'au préfet de Paris lui-même, ne parviennent à démêler la mystérieuse affaire de la lettre volée. Contraintes dans leur méthode comme dans leur amour-propre, elles font appel à leur ultime recours : seul un farfelu pourrait résoudre l'énigme d'un autre fou. Sans bouger de son fauteuil, la pipe à la main, C. Auguste Dupin donne une nouvelle preuve de son talent hors du commun. Figure emblématique, le détective indépendant fera école, comme après lui ses disciples Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Maudit par ses pairs, Edgar Poe se venge de l'étroitesse d'esprit de ses contemporains en provoquant le triomphe du récit intellectuel plutôt que sentimental. Imperceptiblement, sa noire écriture se répand sur la page encore vierge du XXesiècle.
–
Si c’est un cas qui demande de la réflexion, observa Dupin, s’abstenant d’allumer
la mèche, nous l’examinerons plus convenablement dans les ténèbres.
–
Voilà encore une de vos idées bizarres, dit le préfet, qui avait la manie d’appeler
bizarres toutes les choses situées au delà de sa compréhension, et qui vivait
ainsi au milieu d’une immense légion de bizarreries.
– C’est,
ma foi, vrai ! dit Dupin en présentant une pipe à notre visiteur, et
roulant vers lui un excellent fauteuil.
–
Et maintenant, quel est le cas embarrassant ? demandai-je ; j’espère
bien que ce n’est pas encore dans le genre assassinat.
–
Oh ! non. Rien de pareil. Le fait est que l’affaire est vraiment très
simple, et je ne doute pas que nous ne puissions nous en tirer fort bien
nous-mêmes ; mais j’ai pensé que Dupin ne serait pas fâché d’apprendre
les détails de cette affaire, parce qu’elle est excessivement bizarre.
–
Simple et bizarre, dit Dupin.
–
Mais oui ; et cette expression n’est pourtant pas exacte ; l’un ou
l’autre, si vous aimez mieux. Le fait est que nous avons été tous là-bas
fortement embarrassés par cette affaire ; car, toute simple qu’elle est,
elle nous déroute complètement.
–
Peut-être est-ce la simplicité même de la chose qui vous induit en erreur,
dit mon ami.
–
Quel non-sens nous dites-vous là ! répliqua le préfet, en riant de bon coeur.
–
Peut-être le mystère est-il un peu trop clair, dit Dupin.
–
Oh ! bonté du ciel ! qui a jamais ouï parler d’une idée pareille.
–
Un peu trop évident.
–
Ha ! ha ! – ha ! ha ! – oh ! oh ! criait notre
hôte, qui se divertissait profondément. Oh ! Dupin, vous me ferez mourir
de joie, voyez-vous.
–
Et enfin, demandai-je, quelle est la chose en question '
–
Mais, je vous la dirai, répliqua le préfet, en lâchant une longue, solide et
contemplative bouffée de fumée et s’établissant dans son fauteuil. Je vous
la dirai en peu de mots. Mais, avant de commencer, laissez-moi vous avertir que
c’est une affaire qui demande le plus grand secret, et que je perdrais très
probablement le poste que j’occupe si l’on savait que je l’ai confiée à
qui que ce soit.
–
Commencez, dis-je.
–
Ou ne commencez pas, dit Dupin.
– C’est
bien ; je commence. J’ai été informé personnellement, et en très haut
lieu, qu’un certain document de la plus grande importance avait été
soustrait dans les appartements royaux. On sait quel est l’individu qui l’a
volé ; cela est hors de doute ; on l’a vu s’en emparer. On sait
aussi que ce document est toujours en sa possession.
–
Comment sait-on cela ? demanda Dupin.
–
Cela est clairement déduit de la nature du document et de la non-apparition de
certains résultats qui surgiraient immédiatement s’il sortait des mains du
voleur ; en d’autres termes, s’il était employé en vue du but que
celui-ci doit évidemment se proposer.
–
Veuillez être un peu plus clair, dis-je.
–
Eh bien, j’irai jusqu’à dire que ce papier confère à son détenteur un
certain pouvoir dans un certain lieu où ce pouvoir est d’une valeur
inappréciable.