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Parution Non renseignéISBN 9999999324Format PDFAutres formats EPUBProtection Adobe DRMExtension .ascmLangue Copyright Sous droits Windows, Mac OS XBesoin d'info sur les livres ?
Description
Extrait
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Quelque chose d'étrange se produit chez Madame d'Ivry : le salon est fleuri, la pendule remise à l'heure et même le piano est accordé ! Rien ne peut échapper à la vigilance de maître De Sor, omniprésent depuis cinq ans. Antonine aurait-elle enfin entendu sa demande en mariage ? Sa soeur Mathilde garde elle-même le secret. Non, ce n'est pas De Sor que Madame d'Ivry entend, mais cette oeuvre superbe de Weber, cette Invitation à la valse qu'elle jouait autrefois pour son cousin Maurice, avant que son père ne l'oblige à en épouser un autre. Sur un mode léger, Dumas pose la grave question de l'amour.
Quand on parle de « penchant », de « goût », d'« inclinaison », le sentiment serait-il bâti sur une mode, un caprice, une hésitation ?
Scène
11
LES MÊMES,
Maurice, en officier, apparaÎt au fond, conduit par Pierre, qu’il renvoie.
MADAME
D’IVRY, continuant. – Il faisait quelques pas derrière moi ; je
ne le voyais pas, je ne l’entendais pas, mais je le sentais venir. (L’Officier
s’avance silencieusement.) Quand je frappais cet accord, il était juste
à mes côtés... Alors, il approchait son visage de ma tête... Je sentais son
souffle frissonner dans mes cheveux, et, avec une voix d’une douceur
angélique, il murmurait : « Antonine ! chère
Antonine ! »
MAURICE,
qui a suivi les indications de madame d’Ivry, dit, mais avec une voix de
basse-taille. – Antonine ! chère Antonine !
MADAME
D’IVRY, effrayée. – Ah ? mon Dieu !
(Elle
se recule.)
MAURICE,
la retenant dans ses bras. – Antonine !
MADAME
D’IVRY, voyant les moustaches et la figure hâlée de Maurice. – Au
secours !
MAURICE.
– Comment, au secours ? Mais c’est moi !
MADAME
D’IVRY. – Vous ! qui vous '
MAURICE.
– Moi, Maurice ; vous ne me reconnaissez pas '
MADAME
D’IVRY. – Oh ! excusez-moi, mon ami ! si fait, je vous
reconnais ; mais vous êtes... tant... vous êtes si...
MAURICE.
– Achevez...
MADAME
D’IVRY. – Non, rien... Je voulais dire que je ne vous attendais que demain.
MAURICE.
– Oui, chère amie, je vous l’avais écrit ainsi, c’est vrai ; mais
les vents et les flots ont été d’accord avec mon amour. J’ai fait la
traversée en cinquante heures ; de sorte que j’ai pu prendre le chemin
de fer de onze heures du soir, au lieu de celui de sept heures du matin. (Il
déboucle son sabre et le pose avec son képi sur un fauteuil.) Là !
maintenant, laissez-moi vous regarder.
DE
SOR, s’avançant. – Pardon, monsieur, mais permettez-moi d’abord de
prendre congé de madame ; moi parti,
vous aurez le loisir de la regarder tout à votre aise...
MAURICE.
– Ah ! monsieur, c’est à moi de vous demander pardon. J’étais si
préoccupé de ma belle cousine, que je ne vous avais pas vu.
DE
SOR. – Si vous saviez comme j e comprends cela, et comme je vous
pardonne !
MADAME
D’IVRY, avec une certaine crainte. – Vous vous retirez, mon
ami '
DE
SOR. – Dame, je le demande à vous-même, que voulez-vous que je fasse
là '... Adieu, Antonine. (Bas.) Je vous laisse avec le héros de
roman, avec le chevalier de la ballade, avec le prince des contes de fées.
MADAME
D’IVRY, honteuse. – Et... vous reverra-t-on demain '
DE
SOR. – Il y a dix minutes, je vous eusse dit non.
MADAME
D’IVRY. – Et maintenant '
DE
SOR. – Je dis peut-être. (Fausse sortie.) À propos, si vous
avez besoin de moi pour une consultation quelconque, vous savez qu’à quelque
heure que ce soit, madame, je suis à votre disposition.
(Il
sort.)
Scène 12
MAURICE,
MADAME D’IVRY.
MAURICE,
regardant s’éloigner M. de Sor. – Quel est donc ce monsieur qui s’éloigne
avec un air tout contrarié, chère Antonine '
MADAME
D’IVRY. – C’est M. de Sor.
MAURICE.