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Parution Non renseignéISBN 9999999226Format PDFAutres formats EPUBProtection Adobe DRMExtension .ascmLangue Copyright Sous droits Windows, Mac OS XBesoin d'info sur les livres ?
Description
Extrait
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L'égalité devant la mort est-elle un mythe ou une réalité ? Zola apporte sa réponse dans cinq études réunies sous le titre de Comment on meurt. L'auteur des Rougon-Macquart relate dans cette optique les derniers moments de l'existence d'un comte, d'une riche bourgeoise, d'une papetière, d'un enfant d'ouvriers et d'un paysan. Autant d'exemples pour illustrer l'inégalité devant la mort. Dans les hautes classes de la société on meurt dans le confort, dans les classes pauvres on finit sa vie tourmenté par le travail ou la faim. Seuls les hommes attachés à la terre ont une mort sereine. Mourir comme on a vécu? Dans l'attente du progrès social, Zola livre sa vision pessimiste et ironique de la mort.
IV
Janvier
a été dur. Pas de travail, pas de pain et pas de feu à la maison. Les
Morisseau ont crevé la misère. La femme est blanchisseuse, le mari est maçon.
Ils habitent aux Batignolles, rue Cardinet, dans une maison noire, qui
empoisonne le quartier. Leur chambre, au cinquième, est si délabrée, que la
pluie entre par les fentes du plafond. Encore ne se plaindraient-ils pas, si
leur petit Charlot, un gamin de dix ans, n'avait besoin d'une bonne nourriture
pour devenir un homme.
L'enfant
est chétif, un rien le met sur le flanc. Lorsqu'il allait à l'école, s'il
s'appliquait en voulant tout apprendre d'un coup, il revenait malade. Avec ça,
très intelligent, un crapaud trop gentil, qui a une conversation au-dessus de
son âge. Les jours où ils n'ont pas de pain à lui donner, les parents
pleurent comme des bêtes. D'autant plus que les enfants meurent ainsi que des
mouches du haut en bas de la maison, tant c'est malsain.
On
casse la glace dans les rues. Même le père a pu se faire embaucher ; il
déblaie les ruisseaux à coups de pioche, et le soir il rapporte quarante sous.
En attendant que la bâtisse reprenne, c'est toujours de quoi ne pas mourir de
faim.
Mais,
un jour, l'homme en rentrant trouve Charlot couché. La mère ne sait ce qu'il
a. Elle l'avait envoyé à Courcelles, chez sa tante, qui est fripière, voir
s'il ne trouverait pas une veste plus chaude que sa blouse de toile, dans
laquelle il grelotte. Sa tante n'avait que de vieux paletots d'homme trop
larges, et le petit est rentré tout frissonnant, l'air ivre, comme s'il avait
bu. Maintenant, il est très rouge sur l'oreiller, il dit des bêtises, il croit
qu'il joue aux billes et il chante des chansons.
La
mère a pendu un lambeau de châle devant la fenêtre, pour boucher un carreau
cassé ; en haut, il ne reste que deux vitres libres, qui laissent
pénétrer le gris livide du ciel. La misère a vidé la commode, tout le linge
est au Mont-de-Piété. Un soir, on a vendu une table et deux chaises. Charlot
couchait par terre ; mais, depuis qu'il est malade, on lui a donné le lit,
et encore y est-il très mal, car on a porté poignée à poignée la laine du
matelas chez une brocanteuse, des demi-livres à la fois, pour quatre ou cinq
sous. À cette heure, ce sont le père et la mère qui couchent dans un coin,
sur une paillasse dont les chiens ne voudraient pas.
Cependant,
tous deux regardent Charlot sauter dans le lit. Qu'a-t-il donc, ce mioche, à
battre la campagne ? Peut-être bien qu'une bête l'a mordu ou qu'on lui a
fait boire quelque chose de mauvais. Une voisine, Mme Bonnet, est entrée, et,
après avoir flairé le petit, elle prétend que c'est un froid et chaud. Elle
s'y connaît, elle a perdu son mari dans une maladie pareille.